Le Maréchal Murat (25 mars 1767 - 13 octobre 1815)





  Joachim Murat naquit à la Bastide-Fortunière le 25 mars 1767, d'une famille moyennement riche de onze enfants dont il est le cadet. Sa mère veut en faire un religieux, ce à quoi il refuse catégoriquement. Un peu avant la Révolution, il s'engage dans le régiment des Chasseurs à cheval dans les Ardennes, puis est muté à Toulouse en 1788. En 1792, la garde constitutionnelle du Roi l'accueille à bras ouvert, et il apprend la stratégie et la cavalerie avec un bon officier du Roi, qui sera guillotiné plus tard. C'est un brillant révolutionnaire qui voue une admiration sans faille à Camille Desmoulins (il cherchera sous l'Empire des extraits de son journal, "le Vieux Cordelier"). En 1793, il enchaîne les montées en grade et se retrouve lieutenant. La Terreur le soupçonne de s'appeler en réalité "de Murat". Arrêté, on prouve son innocence, et il est nommé chef d'escadrons dans les Pyrénées, où les victoires sont faciles. Il n'apprendra la mort de son idole que deux ans plus tard, ce qui lui fera un choc. Il reprend goût à la vie et s'engage dans l'armée d'Italie. A toutes les batailles sans exception il montre tout son savoir-faire ; il devient alors le bras droit de Bonaparte. Cavalier prodige, il peut remporter une bataille par la seule charge de sa compagnie. En Egypte, il blesse le pacha à la main et remporte la victoire d'Aboukir. Général de division, il ne souhaite pas s'arrêter en si bon chemin, mais n'arrive pas à se faire nommer commandant par le Directoire. Il mise alors toutes ces chances en Napoléon et le soutient activement lors du coup d'état du 18 Brumaire. Il se marie ensuite à Caroline Bonaparte, la soeur de Napoléon, faisant maintenant parti de la famille. Marengo est un triomphe pour le cavalier d'exception qu'il représente. Maréchal et Grand Aigle de la première promotion en 1804, il poursuit sa carrière avec une magnificence sans précédent : Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland, Wagram,... La campagne de Russie le marque profondément et l'éloigne de Napoléon. Dès lors, poussé par sa femme, plus qu'une chose compte : son royaume de Naples acquit depuis 1808. Il ménage ses intérêts, et s'allie aux coalisés pendant la campagne d'Allemagne en 1813. Mais miné par le remords de combattre les siens, il stoppe toute offensive en Lombardie. Pendant les Cents-Jours, il se rapproche de l'Empereur et engage son pays contre l'Autriche. Après quelques victoires, il est stoppé à Reggio, sur les anciennes terres de Bernadotte. Le traité de Vienne ne lui reconnaît pas son trône, et il est destitué. En 1815, avec une poignée de fidèles, il tente de reprendre le pouvoir, en vain. Il est démasqué, arrêté et fusillé par les napolitains le 13 octobre, en héros d'une génération.

  A Sainte-Hélène, dans le Mémorial, Napoléon dira de lui : "Avec moi, il était mon bras droit".

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